Vous êtes sur le site internet du Souvenir Français Mont-Dauphin Queyras Guillestrois. Cet article est consacré à la plaque et à la croix de Lorraine découverts dans la forêt en face du gite de la Monta.
Nous vous souhaitons une bonne lecture. Si vous souhaitez nous aider à continuer nos actions, vous pouvez faire un don ou adhérer à notre comité, merci d’avance.
Morts pour la France en cet endroit
le 11 septembre 1944
Elie bertolino et Roger Daurelle faisaient tous deux partie de la section FFI de l’aspirant Jean Chevalier.
Il participèrent aux opérations de la libération dans le Queyras alors que les Allemands s’étaient repliés sur la frontière italienne et menaçaient la haute vallée.
Ils appartenaient à l’un des trois groupes envoyés à La Monta, hameau de la commune de Ristolas, le 11 septembre 1944 pour surveiller le col Lacroix dans l’attente d’une attaque allemande.
Leur groupe fut attaqué à 13 heures 30 ce jour là et pris à revers par des soldats infiltrés dans la nuit. Roger Daurelle fut tué dès les premières rafales. Élie Bertolino, bien que blessé au ventre, continua à tirer jusqu’à ce qu’il soit à nouveau touché.
Ils furent inhumés à Guillestre avec les honneurs militaires et en présence de deux mille personnes d’après le journal local.
Il furent reconnus « Morts pour la France ».
Leurs noms figurent sur le Monument aux Morts de la Libération de La Monta (Ristolas).
Elie BERTOLINO, 32 ans
Né le 5 septembre 1912 à Guillestre
Mort le 11 septembre 1944
32 ans, père de deux enfants dont l’aîné, Henri (dit Ricou) a 9 ans en 1944. Henri se souvient : « Je sortais de l’école et je me trouvais devant la gendarmerie lorsque des copains sont arrivés en criant : ton père est mort, ton père est mort ! Ça a été terrible pour moi de l’apprendre ainsi. Après quoi, je me suis retrouvé dans une école de Pupilles de la Nation, près de Paris, avec mon frère. Ce fut une période très douloureuse. Non seulement mon père était mort, mais je ne voyais plus ma mère. J’avais aussi perdu mes copains et mon village. Mon frère est resté dans la région parisienne. Moi, plus tard, je suis revenu au pays. »
Source Le temps du refus
Roger DAURELLE, 26 ans
Né le 21 septembre 1918 à Marseille
Mort le 11 septembre 1944
C’était le fils d’un couple qui, n’ayant pas pu avoir d’enfants, avait adopté ce petit garçon. Madame Daurelle ne pourra jamais se remettre de la mort de « son fils unique ». En effet, elle resta persuadée tout au long de sa vie que cette mort était due à une erreur et que son enfant avait été tué par une balle perdue des maquisards tirant sur les Allemands. Personne n’a pu lui enlever cette idée de la tête !
Source Le temps du refus
Une plaque et une croix enfouies dans la végétation
La famille d’Elie Bertolino fait réaliser une plaque commémorative et l’installe, avec la croix de Lorraine, symbole des FFI, sur les lieux où ont péri ces deux Résistants.
De gauche à droite :
Paul Bertolino frère d’Elie, Pierre Ribet dont l’épouse était Marguerite Bertolino sœur d’Elie, Henri dit Ritou et Michel fils d’Elie.
Photo et informations fournies par Jean-Pierre RIBET, petit neveu d’Elie Bertolino.
Le monument aux morts de la Monta
Une Stèle commémorative a été installée en hommage à ceux qui ont laissé leur vie, au bord de la départementale. Sur cette photo, à l’extrême droite deux des sœurs d’Elie Bertolino. A l’extrême gauche, son fils Henri et celui en béret Paul un des frères d’Elie, qui faisait partie du même groupe de FFI.
Photo et informations fournies par Jean-Pierre RIBET,
petit neveu d’Elie Bertolino.
A l’origine installé au bord de la route, ce monument a été déplacé pour des raisons de praticité et de sécurité au parking de La Monta.
Une cérémonie a lieu chaque année le dernier dimanche du mois d’août.
Et le temps passe…
La plaque et la croix enfouies dans la végétation
Sans Jean-Pierre Mervelet, nous n’aurions sans doute pas encore retrouvé cette plaque, tant elle était enfouie dans la végétation ! Merci Jean-Pierre !
Quand il l’a trouvée, Jean-Pierre Mervelet en a parlé à Olivier Bacquart, du Gîte de La Monta, qui en a lui-même informé Jean-Emile Moutte, notre Vice-Président.
C’était le 28 septembre 2024.
Ci-dessous, Jean-Pierre Mervelet et son épouse
Une découverte, comme un trésor
Vous pouvez imaginer à quel point nous étions heureux de retrouver ce témoignage d’un passé encore tellement proche !
Et pour parfaire le tout, au pied de cette plaque, se trouvait une tole où l’on a retrouvé des impacts de balles, ce qui laissait penser que nos deux Résistants avaient dû s’abriter derrière.
(Pour info, nous en avons conservé un morceau que nous avons fixé sur le rocher à gauche de la plaque).
Il nous a donc paru évident que nous devions remettre cette plaque et cette croix de Lorraine en état, et que nous devions nettoyer cet endroit.
La nécessité d’un sentier
Rénover la plaque et la croix était facile, désherber et nettoyer les environs immédiats était également simple, mais il était évident qu’il fallait trouver un moyen d’y accéder facilement pour que l’endroit ne se retrouve pas dans l’oubli. C’est pourquoi, la création d’un sentier était indispensable, mais pas si simple, puisque nous sommes dans un Parc Naturel, en zone Natura 2000, et que le tracé du sentier passait sur la propriété de la famille GENIN.
Par conséquent, avant de prendre la pioche, il a fallu prendre nos stylos (je devrais plutôt dire nos claviers
) et remplir les demandes officielles pour la réalisation de cet accès. Il a fallu attendre le printemps 2025 pour se rendre sur site avec des représentants de chaque organisme, et notre dossier a été accepté. Madame Genin nous a également donné son accord et nous pouvions passer à l’action (pas en été pour respecter la faune et la flore).
Le sentier a commencé en octobre 2025 avec des bénévoles que nous remercions ici. Nous y sommes retournés à plusieurs reprises et d’autres bénévoles nous ont rejoints. Ensuite nous nous sommes fait aider afin de réaliser les panneaux signalétiques d’accès au sentier que nous avons nommé « Le sentier des Résistants ».
Voici l’équipe de bénévoles (par ordre alphabétique) :
Henri CAMPESE, Gil DAMON, Hugo DELHAISE-RAMOND, Fabrice ESTEZET, Ludovic MONETTO, Sébastien MORETTON, Corinne MOUTTE, Jean-Emile MOUTTE, Claude REYNAUD, Jean-Pierre RIBET, Pierre SIMIONATO.
Voici en images la création de ce sentier :
La cérémonie du 12 septembre 2026
Ce paragraphe n’est pas encore écrit, mais nous le rajouterons très bientôt lorsque la cérémonie sera terminée.
